Les Castets en Comminges et Barousse …(2)

L’histoire des forteresses

 

Elles se dressent toutes sur leurs promontoires et dominent les vallées de leurs masses imposantes.

Elles sont encore debout, à l’état de ruines bien sûr, mais donnent au monde qui les regarde, la nostalgie des épopées médiévales.

Et nous, curieux, nous avons envie de leur rendre un semblant de vie en racontant leur histoire et en essayant de les reconstituer.

Un petit tout au siècle des chevaliers, où dames et damoiseaux savaient parler d’amour à l’abri des hauts murs couverts de chèvrefeuille…

Leur implantation

On ne sait pas si à l’époque romaine le système défensif de tours et châteaux étaient construits en dur. Mais il est fort probable que les bâtiments existant encore, à l’état de ruines pour la plupart,  ont succédés à ceux de l’époque gallo-romaine. A cette époque, la paix régnait sur toute la contrée et les populations n’avaient pas besoin de protection effective. Mais les Romains, en fins et bons stratèges, ne négligeaient pas la défense de leur immense empire. Les bâtiments pyrénéens ont-ils été reconstruits avec les anciens matériaux ou bien ont-ils été crées de toutes pièces ? est-ce que les constructions romaines étaient en bois ?

Quoiqu’il en soit, lorsque Charlemagne créa les Marches aux frontières, après la terrible décadence qui avait succédé à l’invasion barbare et les guerres fratricides du royaume Franc, il lui fallut installer des sites militaires et rétablir les communications dans les vallées. Il fit

également reconstruire les églises et  chapelles écroulées et inclure dans leurs murs tous les autels et autres objets religieux gallo-romains afin que les habitants cessent de vénérer les anciennes divinités.

deux siècle plus tard, les bâtisses étaient à nouveau en ruines et la population, en grande partie, restée au paganisme. Les milieux commingeois et aurois aisés, instruits, demandèrent au 11ème siècle l’élection de Bertrand de L’Isle sur le trône épiscopal du diocèse de Comminges. Il vint donc s’installer à Lugdunum en 1083.

La Barousse appartenait à la baronnie de Labarthe avec les vallées d’Aure, de Neste et de Magnoac. Sanche de Labarthe, personnage mythique, le comte de Comminges et l’évêque entreprirent de relever la région.

On vit alors une frénésie de construction dans le pays. Elle durera un siècle. Un des premiers édifice faisant office de prison fut construit au 11ème siècle à Mauléon. Le donjon est daté de 1054 mais en quelle année fut-il terminé ? Quelques bâtiments devaient exister tout autour, bien que le château en l’état ne fût bâti qu’à partir de 1120. C’est alors que les villages alentours se dépeuplèrent en partie et en particulier Batpouy, mal exposé. Les habitants vinrent s’installer aux pieds du nouvel édifice seigneurial.

Dans le Comminges, on ne trouve de forteresses à destination militaire de l’époque médiévale qu’à Saint-Béat et Salies du Salat, là où ont habité les comtes de Comminges. Les premiers comtes (nommés par l’empereur, surveillés ainsi que les évêques par les missi dominici et l’Assemblée des Notables et donc révocables) ont habité à Fronsac qui était plutôt une grosse maison fortifiée avec donjon imposant et chapelle castrale qu’une véritable forteresse dont la région n’avait nul besoin. La tour-donjon a été restaurée en 1998.

En Barousse, la forteresse de Bramevaque n’eut pas de destination militaire, Sanche de Labarthe et ses successeurs la construisirent pour symboliser leur puissance. Les comtes de Comminges, plutôt belliqueux, voulurent allier puissance seigneuriale et puissance militaire. C’est pour cela que les bâtiments sont différents au niveau de leurs architectures. Elles ont le même plan mais ne sont pas identiques. Austères et imposantes en Comminges, elles sont plus simples, plus petites et plus agréables en Barousse.

Les sites.

La majorité des sites médiévaux est formée par des tours de guet et à signaux.

Du Val d’Aran à Barbazan : Melles (Sériail) et Fos, rive droite, Saint-Béat (ladivert) rive gauche, Lez (pour avertir Argut et Boutx) rive droite, château de Saint-Béat rive droite, sommet de Géry rive gauche ; vers Antichan des Frontignes ; vers Galié rive droite, Bertrand (en barousse et Labarthe) rive gauche, Luscan (Comminges) rive droite, Sarp (en Barousse et Labarthe) rive gauche, Barbazan (Comminges) rive droite et ainsi de suite jusqu’à Toulouse.

Du Larboust à Cierp suivant l’One et la Pique. En Barousse : Sarp, Anla (Lers), Samuran, Bramevaque, Gouardère, Ourde, Ferrère ; Esbareich, Sost à Peyremilla ; de Gouardère vers Cazarilh, sommet de la montagne de Siradan, Galié.

 

Où se trouvaient les maisons fortifiées ou Castets ?

 

A Bertren, Samuran, Cazarilh et Ferrère pour la Barousse.

A Galié, à Luscan pour le moyen Comminges, à Marignac, Cierp, Binos, Bachos, Saint-Mamet, Garin pour les plus hautes vallées du Comminges.

Pour pouvoir communiquer,  il fallait qu’elles soient construites d’une rive à l’autre pour passer le relief et à peu près à la même altitude pour pouvoir voir et être vu. Les constructeurs de ces temps ont réfléchi au relief, aux conditions climatiques, au vent, au terrain permettant d’installer le village et ont choisi les endroits les plus propices réunissant toutes les conditions.

On ne s’attardera pas sur les plans des châteaux-forteresses. On s’attachera à ceux des tours et des maisons fortifiées.

Les Tours.

On trouve au centre une tour-donjon de trois étages, le dernier étant le hourd. Les tours de guet et à signaux devaient être couvertes d’un toit à quatre pentes qui protégeait le « feu-signal » des intempéries.

Le rez-de-chaussée était la salle des gardes, l’étage la chambre où ils se reposaient à tour de rôle. Tout autour se trouvait la muraille d’ enceinte sans parapet, peut-être y avait-il un chemin de ronde entre les bâtiments réservés au chef des gardes et occupé parfois dans l’année par le seigneur où ses vassaux s’ils existaient. Les sites actuels ne prouvent pas, à première vue, qu’ils aient été bâtis. La superficie de la basse cour était calculée selon l’importance du ou des villages. On s’aperçoit en observant les sites que les communautés étaient peu étendues et peu peuplées au Moyen-Age. Les cheptels suivaient en conséquence.

                                                                                                Jacqueline Mansas

                                                                        Prochain numéro : les castets en Barousse  GV27

 

 

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